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26 octobre 2020

Jesuit Joe

Jesuit Joe et autres récits, trilogie à la frontière de la réalité et du songe

Pour la première fois réunis, 3 albums qu’Hugo Pratt surnommait sa “trilogie des religions”

CHEZ CASTERMAN, EN LIBRAIRIE A PARAÎTRE LE 04/11/2020

Un moment fondamental de l’œuvre de Hugo Pratt  lui-même le nomma – dans ses conversations avec Dominique Petitfaux1 – sa trilogie sur les religions. Plus exactement, il s’agit d’œuvres situées à l’intersection entre religions (ou croyances), folie et révolutions (ou révoltes). Trois chefs-d’œuvres qui s’intitulent La Macumba du Gringo (L’uomo del Sertão), À l’Ouest de l’Éden (L’uomo della Somalia), Jesuit Joe (L’uomo del Grande Nord), conçus entre 1977 et 1980 pour la collection « Un uomo, un’avventura » (Un homme, une aventure), voulue par le grand éditeur de bande dessinée Sergio Bonelli dans une volonté d’unir, dans une relecture de l’histoire anticoloniale, les grands de la bande dessinée populaire et les maîtres de la bande dessinée d’auteur itaIienneen proposant des romans graphi- ques de genre sans personnage récurrent. Les récits prattiens Aujourd’hui encore, ils témoignent d’un point de vue jamais mani- chéen, sont porteurs d’un discours aux multiples facettes, et se présentent comme de véritables kaléidoscopes d’interprétations possibles du monde réel, de l’Histoire et du mythe.

Jesuit Joe et autres récits

Trois romans graphiques courts et denses, trois récits d’inter- rogation historique centrés sur la condition humaine des plus marginaux à la frontière de la réalité et du songe, toujours entre les deux, toujours en équilibre sur une très subtile ligne de démarcation, à l’image de cette ligne d’horizon recherchée par Pratt tout au long de sa carrière, celle de la mer et celle du désert (africain, mais valable aussi pour le Sertão ou les neiges immaculées du Canada). Deux lignes qui se veulent parfaitement réversibles.

 

Jesuit JoeJESUIT JOE : Le parcours meurtrier d’un métis indien à la recherche de sa sœur dans le grand nord canadien du tout début du XXe siècle.

Jesuit Joe est l’homme venu de nulle part, qui arpente les limbes ennei- gées du Canada. Un métis franco-mohawk qui, sans jamais proférer un mot, pénètre dans une cabane et vole un uniforme des Tuniques rouges. Il s’approprie, il usurpe, il substitue, il ren- verse Ies vaIeurs et Ie sens des choses, Ieur conférant au fiI du récit des nuances, une ambiguïté quasiment structurelle. D’un autre coté, presque en contradiction avec cette évidence de façade, toujours trompeuse chez Pratt, nous avons l’exploit de l’incipit – treize planches sans aucun texte qui préci- pitent le lecteur dans l’aventure en le faisant quasiment entrer dans une dimension suspendue, presque en apesanteur –, ainsi que son atmosphère, l’intersaison, entre l’automne – l’été  indien– et l’hiver. Et surtout le style graphique, toujours plus en quête de l’essentiel, du métaphysique et du poétique, si puissant mal- gré le trait éthéré qui permet à un petit quart de lune de briser la case-ciel. 

 

LA MACUMBA DU GRINGOLA MACUMBA DU GRINGO : Brésil, années 1930. Le bandit Gringo Vargas est abattu par les soldats du gouvernement. Mais son âme revient d’entre les morts pour se venger de ceux qui l’ont trahi.

Parmi paysans-brigands qui, chez Pratt, finissent par se confondre, avec Ies étranges figures de « saints » ou de « messies » Le désir de vengeance et le désir de justice, contre des injus- tices sans cesse subies, sont deux éléments qui fonctionnent en binôme, deux oppositions, deux ambivalences presque osmo- tiques et inséparabIes, chez Ie paysan qui se fit cangaçeiro, lequel se déplace dans le Sertão, cette région du nord-est brésilien. 

 

 

 

 

A L'OUEST DE L'EDENA L’OUEST DE L’EDEN : Afrique noire, un fortin perdu de l’Empire colonial britannique. Un soldat blanc affronte son alter ego noir, un guerrier danakil.

Le rien, le personne, le grain de sable, ou encore l’inconnaissable, l’intangible, l’incommensurable, enraie la totalité de l’engrenage. un voyage d’initiation vers un savoir aussi suprême qu’ancien, porteur d’une vérité peut-être à la limite de l’insoutenable, soit une lente chute dans la spirale de la folie, où le fort d’Al Jannah Al Adn – qui veut dire « Jardin d’Éden » –, devient un labyrinthe mental, où l’on poursuit sa propre ombre  en accord parfait avec l’esprit d’une histoire pétrie de messages et de symboliques empruntés aux textes apocryphes, mais aussi avec l’esprit de renversement caractéristique de Pratt, le Jardin d’Éden est ici l’Enfer.

 

 

 

 

Jesuit Joe et autres récits, Casterman

Scénario : Hugo Pratt
Dessin : Hugo Pratt

160 pages – 23.5 x 29.5 cm
Cartonné – Couleur – Relié
ISBN : 9782203208278
EAN : 9782203208278

 

 

 

 

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